Épisode 6 ~ Saison 1


DES LOUPS ET DES HOMMES


AUTEUR : Lex


Rating: -16ans


PROLOGUE


Les convocations au tribunal c’était vraiment pas l’aspect le plus attrayant de son job. Autant chercher des indices et les analyser pendant des heures afin de confondre un criminel ne lui posaient aucun souci, autant disserter pendant des heures dans un tribunal, devant un jury, juste pour prouver qu’il avait raison et que les preuves ne mentaient pas, il n’aimait pas vraiment. Pas du tout même. Sans compter le port obligatoire du costume qui achevait de le mettre de mauvaise humeur pour la journée. Dire que des types s’habillaient comme ça tous les jours.
Il grogna à nouveau en resserrant son nœud de cravate et jura à voix haute.
« - Est ce que ça t’ennuierait beaucoup d’épargner mon pauvre sommeil ?
- Nan ! »

Il se retourna et vit son amant toujours allongé, appuyé sur un coude et ses yeux parcourant lubriquement son corps.
« - Intéressant, murmura-t-il.
- Intéressant ?
- Ouais. »

Clive se leva et vint le rejoindre. Il lui tourna autour un moment, lui faisant l’effet d’un chat après sa proie et finit par se coller contre lui. Il vit disparaître ses mains sous sa veste et les sentit bientôt remonter le long de son dos, emmenant avec elle le tissu léger de sa chemise. Il renversa la tête en arrière lorsque son homme s’attaqua à son cou avant de s’écarter vivement, s’éloignant des lèvres et des mains diaboliques de Clive.
« Je suis en retard ! »

Clive le laissa s’écarter sans protester et en sortant de la chambre, il surprit son sourire amusé. Ils régleraient ça ce soir, il lui montrerait qu’il pouvait résister à ses assauts mais pour le moment, il avait rendez-vous avec la justice.
Il avait à peine franchit la porte d’entrée que son portable sonna. Sans jeter un regard à l’écran, il décrocha, prononça un désagréable – et dissuasif – quoi, espérant se débarrasser de son interlocuteur.
« Elle est sympa d’ici aussi, la vue. »
Il se retourna, le téléphone toujours collé à l’oreille et avisa Clive, appuyé contre l’encadrement de la porte, son téléphone dans une main alors que de l’autre il lui adressait un petit signe. Il sentit une vague de chaleur l’assaillir lorsqu’il réalisa que son homme était vêtu en tout et pour tout d’une serviette autour des hanches.
« Allumeur, souffla-t-il dans son téléphone. »
Il raccrocha et s’éloigna pour de bon, sans un dernier regard à l’éphèbe qu’il laissait derrière lui. Pourvu que l’audience ne soit pas trop longue.



Ils étaient trois à observer son arrivée. L’homme franchit les grandes portes du tribunal, traversa rapidement le hall de marbre, se frayant un chemin parmi les gens présents. Il passa près d’eux sans même leur accorder un regard. Peu importe, les présentations seraient faites bien assez tôt. Justin Hollohan ne savait pas à qui il avait à faire.



CHAPITRE 1


Ils sont tous là et il se sent détaillé, jugé, observé. Ses moindres gestes, la moindre respiration lui semblent être l’objet d’une étude approfondie à l’issue de laquelle ils décideront si oui ou non ils peuvent lui faire confiance. Du moins pour les uns. Parce que les autres, ceux qui sont du mauvais côté de la barrière, ceux contre qui il se bat, ils n’attendent qu’un tout petit geste qui trahira son appréhension, signifiant que sa belle assurance et ses certitudes ne sont peut être pas aussi solides et fiables qu’elles en ont l’air.
Sa belle assurance et son agacement, encore présents à son arrivée, se sont mués en stress et en paranoïa. Parce qu’il doit admettre qu’en étant là, soumis au regard et au jugement de tous, il ne se sent pas très fier. Il en viendrait presque à douter de son travail, des ses méthodes et des résultats obtenus après des heures de recherche. Pourtant il sait, lui, qu’il n’a commis aucune erreur, qu’il a respecter la procédure et que rien ne pourra empêcher l’homme à la barre des accusés de finir ses jours en prison. Rien sauf peut être les trois austères avocats de la Défense.
Il espère que leur réputation est surfaite, que toutes les louanges qu’il a pu entendre à leur propos sont erronées. Parce que s’ils sont aussi bon que la rumeur le dit, il passera d’une part un très mauvais moment et d’autre part, ce père qui a assassiné sa fille restera peut-être libre. Et ça, si l’envisage il refuse de l’accepter.

Ils ont envoyé en première ligne leurs jeunes loups, costumes Haute Couture et dents longues. Il est de notoriété publique que les frères Baron ne sortent de leur tanière que si le poisson en vaut le coup. Ou si leurs jeunes recrues se plantent. Mais connaissant les critères de recrutement de ce cabinet du Diable, jamais les jeunes loups ne seraient lâchés s’ils n’étaient pas performants. Et entre les rumeurs qui courent et l’assurance qu’ils affichent, certains de leurs compétences et de leur bon droit, les prédateurs semblent encore plus terrifiants. Un seul de leurs regards vers lui et il se sent pris en faute. Flippant, vraiment flippant.
Crane, Reeves et Van Tassel. Trois recrues prometteuses et agressives. Il ne sait pas vraiment duquel il devra le plus se méfier. Vu d’ici, ils ont l’air tous les trois particulièrement retords. Pourtant l’un d’entre eux semble plus dangereux que ses confrères, semblant scruter chacun de ses gestes. Et Justin le voit sourire quand il serre son poing, tentant vainement de maîtriser un tremblement inopportun.



Ne se spécialise pas dans la défense des criminels qui veut. A moins d’appartenir au bureau des avocats commis d’office, il s’agit avant tout d’un choix personnel. Les motivations ne sont jamais les mêmes d’un individu à l’autre et les siennes diffèrent sans doutes de celles de ses deux collègues qui l’encadrent.
Baron et Baron ont consenti à les laisser défendre Matthew Pride. Un nom prédestiné quand on a l’audace et la fierté d’assassiner sa fille. Car s’ils sont certains d’une chose, ce dont Monsieur Pride ne s’est pas caché, c’est bien qu’il ait assassiné sa fille. Quand aux causes d’un tel acte, ils n’ont pas besoin de le savoir. Ni l’envie. Leur travail consiste à défendre les pires ordures et pas un seul d’entre eux ne rechigne devant la tâche. Jamais.
Ses yeux n’ont pas quitté l’expert depuis qu’il s’est assis à la barre des témoins. Chaque détail à son importance, chaque détail est primordial. Loupé le moindre geste trahissant les gentils reviendrait à faire condamner le méchant. Et ça, ils ne peuvent pas se le permettre. Pas s’ils veulent continuer à se faire un nom et à garnir leur compte en banque. Pas s’ils veulent continuer à inspirer terreur et admiration. Et aucun d’eux ne veut redescendre au bas de l’échelle. Pas après tout ce qu’ils ont sacrifier, elle plus que les autres.
Déjà 2 heures qu’ils sont là, Ryan et Franck ont déjà eu leur moment de gloire, lui renvoyant leur sourire hautement satisfait et leur arrogance à la figure. Typique. Ils n’ont pas évolué depuis qu’elle a rejoint La Firme. Deux petits cons prétentieux mais incroyablement talentueux, force est de l’admettre. Elle savoure un bref instant le fait d’être dans leur camp, même si elle doit leur prouver à chaque minute, à chaque seconde qu’elle y a bien sa place. Ils ne lâcheront rien, ne lui pardonneront pas la moindre erreur. Eux comme le reste du cabinet. Car s’il y a bien une chose qui joue en sa défaveur, c’est d’être une femme. Loin d’être une faiblesse, elle s’est promis d’en faire un atout. Peu importe la façon dont elle s’y prendra, peu importe si elle y laisse son âme. Elle a signé un pacte avec le Diable en entrant au service des frères Baron et bien loin de s’en préoccuper, elle s’en réjouit.
Elle a plus à perdre que quiconque et bien plus à gagner. Première femme de La Firme, elle est fière de la façon dont elle s’est imposée, encore plus de la façon dont elle se bat avec tous ces hommes pour conserver sa place. Ils ne voient en elle que la très sexy avocate, la distraction, le faire-valoir et elle sourit à cette idée. Oh elle est bien plus que ça, beaucoup plus et elle attend son heure pour le leur prouver.
Elle sourit quand elle voit Hollohan serrer son poing, signe que l’assurance qu’il affiche s’effrite lentement. Tant mieux, ça jouera en sa faveur. C’est son tour d’ailleurs, elle le sent aux questions de plus en plus inintéressantes de l’adjointe du procureur.
Elle se sent frustrée lorsque la juge ajourne l’audience. Elle cache son impatience et sa colère. Elle aurait pu le réduire en miette, lui faire ravaler ses connaissances et ces certitudes. Le mettre à ses pieds et réduire Justin Hollohan au simple rang de technicien. Elle se lève cependant, sereine, affichant un calme qu’elle est loin d’éprouver. Katherine bouillonne et ces sentiments négatifs ne s’effaceront pas tant qu’elle ne se retrouvera pas à nouveau face à lui, prête à sa battre et à prouver qu’elle est la meilleure.


CHAPITRE 2


Matthew Pride observe, serein. Il les a choisi parce qu’ils sont les meilleurs et qu’ils vous défendent becs et ongles, même si vous êtes coupable. Surtout si vous êtes coupable dit la rumeur. Les Baron et leurs sbires sont réputés dans le milieu carcéral et ils n’ont pas tardé à lui prouver que ce n’étaient pas que des bruits de couloirs. Quelques heures après les avoir appelé, il était libéré sous caution. Efficaces et dangereux, il adorait.
Un regard à ses avocats et il sourit, satisfait. Il les voit agir, peut presque les entendre réfléchir et cette lueur victorieuse au fond de leurs yeux avant même la fin du procès lui plaît. Ils n’abandonneront rien, n’abandonneront pas. Ils se battront pour lui jusqu’au bout et au prix où il les paye, il est plus que satisfait de la prestation. Il recommandera La Firme à ses connaissances, sans hésitation. Mais pour le moment, lui aussi regarde, lui aussi sourit parce que l’homme qui est responsable de son bref mais néanmoins désagréable séjour en prison, de sa présence ici est là, assis devant lui. Son arrogance et son petit air supérieur l’ont quitté et il s’en réjouit. Hollohan et son copain flic lui en font baver, c’est leur tour maintenant. Matthew Pride se leva et quitta la salle de tribunal en compagnie de ses avocats.

Justin se lève de son siège, rejoint l’adjointe du procureur avec laquelle il discute un court instant puis quitte la pièce. Il a à peine fait quelques pas dans le couloir, entre les avocats, les témoins, population courante et importante de ce lieu, quand il se sent tirer par le poignet. Quelques secondes après, une odeur familière lui assaille les narines et il ne retient pas un sourire quand les lèvres de Clive se pose brièvement sur les siennes. Contact éphémère mais rassérénant. Surtout après avoir été la proie non consentante d’avocats aux dents longues.
« - Qu’est ce que tu fais là ?
- J’avais quelques heures de libre.
- Et tu n’avais rien de mieux à faire que de venir attendre ici sans être certain que j’en sorte ?
- Je peux repartir si tu veux.
- Non. Allez viens, sortons d’ici, j’ai vu assez d’avocats pour la journée. »
Clive lui sourit et lui emboîte le pas, frôlant son corps par intermittence. Juste ce qu’il faut pour ne pas attirer l’attention mais suffisamment pour sentir la proximité de son corps, sa chaleur et sa simple présence.

Intéressant. Alors comme ça Hollohan a un point faible. Et pas des moindres. L’expert entretien une liaison avec l’inspecteur chargé de l’enquête de son client. Parfait, ça va jouer en leur faveur. Elle reste debout près du mur, se déconnectant temporairement de la conversation qu’ils ont avec Matthew Pride. Elle réfléchit à ce qu’elle vient de voir et ce qu’elle va pouvoir en tirer. Elle espère vraiment pouvoir en obtenir quelque chose de positif, quelque chose qui servira l’enquête et à défaut qui la servira elle. Car force est d’admettre, Hollohan et son copain flic, l’inspecteur Finley si elle se souvient bien, sont tous deux appétissants. Elle est bien décidé à faire passer son travail et sa réussite avant son plaisir mais si elle peut joindre les deux sans y perdre alors elle compte en profiter. Elle sait déjà qu’Hollohan ne sera pas sa proie, trop impliqué dans l’enquête, trop méfiant. Mais Finley semble moins sur ses gardes. Sans doute parce que ni la Défense ni le Procureur ne l’ont appelé à témoigner.
Elle devrait pouvoir profiter de ça, pour obtenir des informations ou tout autre chose. Reste à savoir comment s’y prendre et quand passer à l’attaque. Elle ne dispose que de peu de temps, le procès doit être très vite mené, les témoins tout aussi vite interrogé. Quand à ce qu’ils présentent comme des faits sûrs et avérés, s’ils veulent gagner, ils doivent très rapidement être démontés. Ils sont passés maîtres dans l’art de créer des écrans de fumée, maîtres dans l’art de baratiner et d’embobiner jury, juge et assistance. Tout n’est qu’illusions et belles paroles, elle le sait et le cautionne tout à fait. Elle a depuis longtemps perdu scrupules, remords et états d’âme et elle ne s’en sent que plus libre et plus puissante. Oui elle aime son job, et elle est bien décidé à s’octroyer un petit bonus avec l’Inspecteur Finley.

Le soleil l’éblouit un court instant, jusqu’à ce que ses yeux s’habituent à la luminosité et qu’il offre son visage aux chauds rayons du soleil. Lorsqu’il les rouvre, quelques secondes plus tard, il surprend le regard amusé de son amant, du moins l’imagine-t-il amusé derrière les verres de ses lunettes noires.
« Quoi ? »
Clive le regarde un moment, sans rien dire, puis il lui vole un rapide baiser et le tire par la main à sa suite. Décidément, cet homme devient bien démonstratif. C’est déroutant. Justin se laisse tirer et suit docilement son homme. Ils traversent la rue, longent un moment les façades des immeubles puis finissent par atterrir dans ce parc où mères de famille, nourrices et enfants viennent en fin de journée faire résonner de leurs cris et de leurs rires les grands espaces verts. Pour le moment les lieux sont déserts, seuls quelques joggers, hommes et femmes d’affaires, étudiants et couples en vadrouille hantent les lieux. Justin ne pose pas de questions, il suit le mouvement, bien trop heureux de sentir la main chaude et puissante de Clive dans la sienne. Heureux de ne plus sentir le regard avide et affamé des avocats de la Défense, heureux de fuir l’ambiance étouffante de la salle d’audience. Bon il n’y a pas que ça, il doit aussi admettre – enfin pas à haute voix – que passer un peu de temps avec son mec lui fait du bien. Un peu trop peut-être. Il a toujours cette légère crainte de devenir dépendant. En étant honnête avec lui même, il pourrait reconnaître que c’est déjà le cas et que contrairement à ce qu’il imagine, c’est loin d’être une mauvaise chose. Mais Justin ne veux pas analyser ce qu’il ressent, tout ce qu’il sait et veut savoir c’est qu’il apprécie la compagnie de Clive, suffisamment pour vivre avec lui et envisager le long terme. Mais il ne veut pas s’embarrasser de détails, ne veut pas ou redoute de connaître le passé de son homme. Sans doute parce qu’il y a des choses qui l’effraient, des choses qu’il devine et qu’il ne veux pas encore connaître, même si elles le hantent.

Il sent Clive le tirer brusquement et il se retrouve près de son homme, très près. Il adore ça, quand la promiscuité est telle qu’elle pourrait en paraître suspecte si elle n’était pas connue de tous. Il adore ça parce que l’initiative ne vient pas de lui. Clive a l’air décidé à franchir une nouvelle étape et il ne va certainement pas l’en empêcher. Loin de là. Jusqu’à présent ils étaient resté discrets, n’avaient rien caché mais n’avaient rien affiché non plus. Du moins de façon voyante et exubérante, mais jamais consciemment. Oh bien sûr les petits gestes tendres leurs avaient échappé bien souvent et sans qu’ils ne s’en rendent compte. Clive a l’air décidé d’aller plus loin, il est conscient cette fois-ci des gestes qu’il a envers lui. Preuve en est de ce petit sourire satisfait. Monsieur a l’air ravi de son coup d’éclat et semble l’observer avec attention pour savoir comment lui va réagir. Il ne va pas le décevoir, parce que lui aussi en crève d’envie, parce qu’il est sûr de ce qu’il ressent même s’il n’est pas certain des mots à y apposer.

Il savoure le contact pressant des lèvres de Clive contre le siennes, adore l’incursion de cette langue joueuse et habile qui tourmente et aguiche la sienne. Il se colle un peu plus contre le torse puissant de son homme, laisse ses mains s’aventurer là où elles en ont envie et bizarrement, elles rejoignent cette partie charnue de l’anatomie de Clive qu’elles semblent adorer et dont elles ne se lassent jamais. Et au gémissement qui se répercute à ses oreilles, il est certain que Clive ne se lasse pas non plus de la liberté qu’elles s’accordent. Il réfrène à temps un vieux réflexe et se concentre sur leur baiser et sur les mains de son homme plutôt que sur les gens qui les entourent et pourraient les voir. Ils ont dépassé ce stade désormais.



CHAPITRE 3


Clive se sent un peu plus léger. Il n’a jamais été particulièrement démonstratif avec eux, juste avec elle. Et à voir la façon dont les choses se sont finies, il espère sincèrement ne pas faire d’erreur. Il n’en a jamais parlé avec Justin, n’est pas certain de vouloir que ce moment arrive d’ailleurs. Pourtant il faudra forcément qu’il dévoile cette partie de son passé un jour. Parce que Justin lui a dévoilé le plus important et parce que s’ils veulent avancer, ils devront en passer par là. Pour le moment il apprécie de sentir le poids de Justin contre lui, même si l’écorce de l’arbre lui rentre dans le dos. Son homme est assis entre ses jambes, contre son torse et sa tête est renversée en arrière, sur son épaule. Il le sent somnoler, son visage offert au soleil, son corps de plus en plus pesant. Justin s’abandonne comme rarement. Quoi qu’à bien y réfléchir, c’est de plus en plus fréquent ces derniers temps, accumulation de petites choses qui mises bout à bout lui donnent l’impression qu’ils avancent.
« - Tu ne m’as pas dit comment se passait le procès.
- C’est pas brillant. La Défense n’est pas encore entrée en jeu et pourtant j’ai l’impression que Pride va s’en sortir avec le minimum. Voire s’en sortir tout court.
- Même en présentant les preuves ?
- Baron a sortit l’artillerie lourde. Ils ont envoyé leurs jeunes loups affamés. Ils sont 3. Tu te rends compte ? 3 avocats pour tirer cette ordure de prison !
- Ce type a tué sa fille de 8 ans Justin, les jurés le laisseront pas s’en sortir si facilement. Et puis tu as des preuves solides, non ?
- Je sais pas. La Firme n’a encore jamais perdu un procès. »
Clive sent son homme resserrer un peu plus ses bras autour de lui, cherchant un peu plus de réconfort. Il n’a aucun doute sur le professionnalisme de Justin, absolument aucun, contrairement à l’intéressé. Il a sentit que son homme n’était pas très sûr de lui quand il est parti. Il a cherché à sa manière à le détendre un peu et si Justin a été réactif sur le coup, visiblement il a oublié de se détendre depuis. Il se tend entre ses bras et Clive sait que ses questions n’y sont pour rien, elles ne font que raviver ses doutes.
« - Tu as analysé tes preuves correctement ?
- Bien sûr !
- Tu as respecté la procédure ?
- Tu me prends pour qui ? ! »


Justin est surpris des questions que lui pose Clive, jusqu’à ce qu’il en comprenne le but et qu’il rencontre le sourire rassurant de celui-ci. Très bien, il voit où il veut en venir et se sent un peu mieux. Pourtant il ne peut pas s’empêcher de revoir le sourire carnassier de l’avocate. Il ne la connaît que de vue et de réputation et sait qu’elle ne lui épargnera rien, comme ses collègues d’ailleurs. Pourtant il la sent plus dangereuse que les autres, plus sournoise et plus manipulatrice aussi. Il ne sait pas encore d’où l’attaque viendra mais il ne peut pas s’empêcher de penser que lorsqu’il la subira, il n’appréciera pas particulièrement.

« - A quoi tu penses ?
- A elle.
- Elle ? Il y a quelque chose que tu ne m’aurais pas dit ? »
Clive ne bouge pas, ne l’éloigne pas de lui. La confiance que cet homme lui témoigne ne cesse de l’impressionner. Pourtant sa réponse prête à confusion, il en a conscience.
« - Ce n’est pas moi qui ait été marié.
- Jamais une femme ? questionne Clive, avide d’en apprendre toujours plus.
- Ce n’est pas moi non plus qui en sait le plus sur l’autre. Dévoile-toi un peu et je répondrai à la question.
- Oh. Alors, qui est Elle ?
- L’avocate de chez Baron.
- Justin.
- Quoi ?
- Oublie un peu ce procès, s’il te plaît.
- D’accord. Alors parle moi d’elle.
- Maintenant ? s’étonne Clive.
- Oui. Tu veux pas ?
- Si bien sûr. C’est juste que je m’y attendais pas. Et tu n’aimeras peut-être pas ce que tu vas entendre.
- Laisse-moi juger.
- D’accord… Elle m’a quitté parce que je l’ai trompé. »


Clive sent Justin se tendre entre ses bras. Commencer par les détails les plus sordides est un choix étrange mais Justin sait déjà qu’il n’était pas heureux avec elle. Autant ne rien lui cacher.
« - On a été marié un peu moins de 6 ans et je me suis rendu compte bien assez vite qu’il me manquait quelque chose. Je n’ai pas divorcé, j’ai attendu. J’ai vraiment pensé qu’avec le temps, les choses s’arrangeraient, que je m’habituerais. J’aurais pas dû attendre maintenant que j’y pense, parce qu’elle n’était pas heureuse non plus mais qu’elle au moins a eu la correction de ne pas se comporter comme une garce. Je crois que je lui ai pas laissé une bonne opinion des hommes. Faut dire que retrouver son mari au lit avec un autre a de quoi refroidir les plus optimistes. Ally est une femme magnifique, intelligente, je me fais pas trop de soucis pour elle, elle retrouva rapidement quelqu’un., quand elle aura oublié que son ex est un salop et qu’il l’a trahie.
- Comment elle l’a pris ?
- Pas très bien. Pas trop mal non plus. Disons qu’elle ne s’est pas servie de son arme de service pour me buter mais qu’elle n’a pas non plus sauté de joie à l’idée de se débarrasser de moi. Elle s’est montrer froide, distante. Elle n’avait plus grand chose à voir avec la femme que j’avais épousé. Ca s’arrête là.
- Rappelle-moi pourquoi tu l’as trompé ?
- Ca n’arrivera pas.
- Comment tu peux en être sûr ?
- Je le suis pas, j’ai juste confiance, ça me suffit. Pas à toi ?»

Justin se retourne entre ses jambes et à genoux, lui fait face. Il ancre ses yeux dans les siens et sans frémir lui répond.
« Si. Mais rappelle-toi que si jamais tu t’avises de me tromper, je connais tout un tas de moyens pour te faire disparaître sans laisser de traces. Dans d’horribles et très longues souffrances. Et moi, ajouta-t-il en approchant lentement ses lèvres des siennes, je n’hésiterai pas à me servir de mon arme. »


CHAPITRE 4


Katherine Reeves croise ses longues jambes sous la table et écoute distraitement ses collègues faire leur rapport à leur employeur. Un seul des Baron est là, le plus mystérieux, celui qui est encore une énigme pour elle, qu’elle ne parvient toujours pas à cerner et qui, elle doit bien admettre, lui semble le plus apte à l’effacer du cabinet s’il en a envie. C’est justement pour éviter ce genre de …désagrément qu’elle s’acharne à lui prouver qu’elle est la meilleure et qu’en la choisissant parmi tous les autres candidats potentiels, tous des hommes, il a fait le bon choix.
Elle se reconcentre lorsque le nom d’Hollohan se fait entendre. Baron ne semble pas apprécié qu’elle n’ait pu mener son interrogatoire et le lui signifie clairement d’un regard dédaigneux, même si elle n’y est pas pour grand chose. Elle se promet alors qu’elle fera payer à Hollohan la désapprobation de son employeur. L’amant de l’expert lui plaît et il pourrait lui être utile si elle parvient à le faire parler. Elle doit avant tout se renseigner sur lui et savoir si en se jetant à son cou, elle ne va pas faire la plus grosse erreur de sa carrière. Car si Finley semble totalement épris de son scientifique amant, il peut s’avérer que les femmes ne le laissent pas indifférent.



Assis dans un grand fauteuil en cuir, face à la baie vitrée donnant sur le Pacifique, Matthew Pride sirote son whisky par petites gorgée, savourant la brûlure provoquée par l’alcool. Il s’enivre encore, à tord, il le sait. Et pourtant s’il ne regrette pas ses actes, il aimerait pouvoir oublier. Oublier le regard vide, éteint de celle qui avait été sa fille. De celle qu’il avait cru être sa fille. Car la petite Carly, aussi parfaite soit elle, avait un défaut qu’il avait découvert à la mort de son épouse. L’enfant n’était pas de lui. Il sait qu’il a agit stupidement, sous le coup de la colère, et pourtant il ne regrette rien. Il revoit le corps brisé de celle qu’il a considéré comme sa fille, le corps de cette enfant de 8 ans, baignant dans son sang.
Il regarde le liquide ambré refléter la lueur tamisée de la pièce et se plonge un peu plus dans ses souvenirs. Il revoit les boucles blondes éparses sur le parquet de bois sombre. Un bois importé du Liban s’il se souvient bien, produit de luxe que seuls les plus riches peuvent s’offrir. Il grimace légèrement en réalisant que le sang s’est infiltré sous le vernis, abîmant le bois. Il appellera la société qui l’a importé et posé dans son salon lorsque le procès aura pris fin et qu’il sera définitivement libre. S’il les menaçait d’un procès pour incompétence, peut être consentiraient-il à lui en poser un nouveau. A moins qu’il ne revende la maison et en achète une autre, fuyant ainsi les souvenirs d’une vie de famille qu’il avait cru parfaite.
Son poing se sert autour du verre de cristal au souvenir des mensonges que son épouse lui a débité. Cette garce a fait passé Carly pour sa fille et elle ne lui aurait rien dit si elle avait continué à vivre. Il regrette presque de ne pas l’avoir tué elle aussi. Presque. Car il sait que s’il peut s’en tirer pour le meurtre de l’enfant, ça n’aurait pas été possible en y ajoutant celui de la mère. Matthew Pride est un homme orgueilleux et fier, mais il n'est pas stupide. Hollohan semble l’avoir compris maintenant et Matthew sourit de satisfaction en revoyant le malaise de l’expert lorsque celui-ci à réaliser que la Firme le défendait.



Clive relève la tête et jette un œil au radioréveil. 4h00. Il sait que l’absence de Justin est responsable de son réveil et échappe un soupir exaspéré en réalisant qu’il ne s’est pas trompé. Son corps a réalisé bien avant son esprit que son amant avait déserté leur lit depuis un bon moment. Et à en juger par le froid qui a remplacé la chaleur habituelle du corps de Justin, Clive réalise alors que l’amant en question doit se terrer quelque part dans la maison depuis plusieurs heures.
Il grogne en posant ses pieds sur le sol froid de la chambre. Il se promet de ramener ce petit con dans leur lit par la peau des fesses s’il le faut. Après lui avoir fait comprendre qu’il n’appréciait pas particulièrement de se retrouver seul dans un grand lit froid. Mais toute velléité de réprimande l’abandonne quand il retrouve son amant, fébrilement plongé dans le dossier Pride, cherchant un erreur qu’il n’a pas commise. Mais il semble persuadé que la bande de prédateurs, qui défend le père infanticide, en a connaissance. L’intelligence de Justin lui semblait être quelque chose d’avéré, finalement il se demande si la stupidité ne l’est pas tout autant. Le manque de confiance en ses capacités aussi tant qu’il y pense. Car il n’a absolument aucun doute lui. Justin a fait son boulot correctement, il était là, sur la scène de crime à l’observer. Et pas une seule seconde, il n’a vu son homme hésiter ni même se tromper.
Il pousse un soupir de dépit, songeant qu’il va devoir se montrer très persuasif s’il veut que Justin retourne se coucher avec lui. Parce qu’il est sûr d’une chose, si son amant refuse, il sait qu’il ne retournera pas non plus sous la couette et ce n’est pas une chose envisageable car Clive a vraiment, vraiment, besoin de dormir encore un peu.
Il voit Justin se retourner à son soupir. Les cernes sous ses yeux sont bien présentes et les tremblements de ses mains tenant les feuillets blancs, témoignent de sa nervosité et de sa fatigue. Il agirait bien comme le dernier homme des cavernes mais il sait que ce n’est pas la solution. Sauf s’il veut se mettre Justin à dos pour quelques jours. La perspective de le ramener de force au lit et de lui faire oublier ce procès avec ses mains et son corps est alléchante mais ça n’arrangera rien, il le sait.

« - Tu ne dors pas.
- Bien vu Monsieur l’expert, lui répond-t-il en se laissant tomber à ses côtés sur la canapé. Tu ne connais pas encore toutes tes preuves où tu es décidé à te pourrir la vie en cherchant une erreur qui n’existe pas ?
- Si j’ai pas fait d’erreur, explique moi pourquoi l’avocate de Pride semblait ravie à l’idée de démonter mon dossier ?
- Attends, laisse-moi réfléchir ? Peut-être parce c’est son boulot ? Ah non, je sais, s’exclame-t-il, tu t’es réellement planté et Pride n’a pas tué sa gamine en la poignardant.
- Bien sûr que si ! »
Clive fixe Justin dans les yeux et voit peu à peu l’expression furieuse et outrée de son visage s’effacer, jusqu’à être remplacé par un petit sourire. Justin se penche sur lui, abandonnant son dossier et se colle contre son corps.
« - Tu penses vraiment que je n’ai pas fait d’erreur ?
- Absolument, oui. »

Il voit Justin hocher la tête, semblant accepter ses arguments. Se penchant légèrement vers lui, il pose ses lèvres sur les siennes, une simple pression qui laisse à son homme le choix de la suite des événements. Et à la façon dont celui-ci répond à son baiser, entrouvrant légèrement ses lèvres pour laisser passer sa langue, il sait qu’il va devoir faire encore quelques efforts pour rassurer son amant avant de pouvoir se ré-endormir.



CHAPITRE 5


Elle l’avait attendu de pied ferme une grande partie de la matinée, prétextant quelques questions supplémentaires à lui poser. Katherine est vraiment soulagée quand elle le voit se diriger vers elle. Non pas qu’elle ait un instant douté de le voir venir, mais il ne semble pas hostile et c’est un avantage non négligeable. Hollohan aurait pu lui demander de les éviter comme la peste, elle et ses confrères, il semble qu’il n’en ait rien fait. Ce n’est pas forcément judicieux de sa part. Après tout, Finley a participé à cette enquête en tant qu’inspecteur principal, il a donc forcément eu accès à tous les éléments de l’enquête, les preuves, les témoins, les suspects… Si elle manœuvre bien, et c’est ce qu’elle a l’intention de faire, elle peut obtenir de l’amant d’Hollohan, bien des renseignements. Vraiment, elle trouve ça stupide qu’il n’ait pas mis l’inspecteur en garde. Vraiment stupide.
Mais pour le moment elle se délecte du spectacle qui s’offre à elle, Clive Finley se dirige d’un bon pas vers elle et si rien ne se lit sur son visage, elle note une certaine hâte à la rejoindre. Elle n’est pas réputée pour interpréter des signes tout droit issus de son imagination, Finley arrive vers elle et s’il pouvait franchir les quelques mètres qui les séparent encore en courant sans rien perdre de sa dignité, elle est prête à parier qu’il le ferait. Reste à savoir à quoi est dû un tel empressement. Elle lui a seulement dit qu’elle voulait le rencontrer pour parler de l’enquête, éclaircir quelques détails obscurs sans préciser si les dits détails jouaient ou non en faveur de son client. Elle va quand même se méfier. Un tel empressement, s’il est flatteur n’en reste pas moins suspect. Après tout, il est fort possible que Finley ait touché un mot de leur rendez-vous à son amant et que celui-ci l’ait envoyé afin de préparer son passage à la barre. Ce n’est pas non plus à exclure. Elle connaît les flics, particulièrement ceux de la scientifique et elle sait qu’ils ne laissent rien au hasard. Surtout quand une enfant de 8 est impliquée et retrouvée morte, assassinée par son père.

Elle le voit s’avancer vers sa table sans hésitation. Ca ne la surprend pas, les procès qu’elle a récemment gagné ont fait suffisamment de tapage médiatique pour que son visage ne soit plus inconnu. Elle ne serait pas étonnée si une photo d’elle était placardée dans les locaux du SFPD, attendant bien sagement qu’on y plante quelques fléchettes pour se défouler. Clive Finley s’assoit face à elle, sans un mot, juste après un bref signe de tête. Il attend qu’elle amorce la conversation sans doute et elle hésite quelques secondes à le faire languir. Elle a assez joué et assez perdu de temps pourtant et elle finit par lui annoncer clairement que si elle a voulu le rencontrer c’est pour lui parler du dossier monté par Hollohan. A la lueur qu’elle voit briller dans les yeux verts de l’homme qui lui fait face, elle sait qu’elle a très peu de chance de le séduire. Et elle abandonne rapidement cette idée. L’homme semble désespérément accroché et elle déteste les causes perdues. Tant pis, elle aurait bien été tentée pourtant, histoire de s’amuser quelques jours.
Elle envisage le plan B et passe à l’action, semant le doute autant qu’elle peut. Si l’inspecteur semble révolté à l’idée qu’on puisse accuser l’expert d’avoir fait une erreur, elle sait pourtant que les insinuations qu’elle glisse dans la conversations font leur chemin. Et si elles n’ébranlent pas l’inspecteur Finley, elle sait qu’elles toucheront plus particulièrement le principal intéressé. Elle l’a senti sur ses gardes au tribunal. Oh bien sûr, il n’a fait aucune erreur, son dossier est solide. Elle le sait, Finley le sait et les supérieurs d’Hollohan le savent aussi. Après tout, ils ont entériné le dossier, signalant qu’ils étaient d’accord avec les conclusions de l’expert en paraphant chaque page de ce qui pourrait éventuellement perdre son client.

Finley clôt rapidement leur entretien et elle retient à grande peine un sourire satisfait. L’inspecteur semble bien pressé d’aller faire son rapport à l’expert. C’est probablement pour savoir ce qu’ils avaient contre lui qu’il l’a laissé la rejoindre. Il aurait vraiment dû se méfier un peu plus. Rien ne garantit que son coup de bluff portera ses fruits et pourtant, elle espère très franchement qu’Hollohan sera suffisamment déstabiliser pour perdre ses moyens à la barre. Elle le regarde se lever. Il la salue froidement et quitte le restaurant sans un regard en arrière, pressé de mettre le plus de distance possible entre elle et lui. Elle ne peut s’empêcher de le déshabiller du regard, même de dos l’inspecteur est plus qu’appétissant. Vraiment dommage qu’il soit autant accroché à son amant.



« Tu étais où ? »
Justin est surpris lorsque Clive le rejoint quelques minutes avant le procès. Il lui avait pourtant promis d’être là bien plus tôt. Il se fait l’effet d’une midinette en manque de son flirt, pathétique. Pourtant il se sent immédiatement rassuré en voyant Clive à ses côtés. Il se sent tiré à l’écart et étouffe un cri surpris contre les lèvres de son homme quand son dos rencontre la surface dure du mur de marbre. Il n’a pas le temps de s’interroger de cette fougue agréable mais plutôt malvenue qu’une langue habile lui fait oublier ce qu’il fait là, dans un tribunal bondé.
Lorsqu’il s’écarte de Clive, il ne peut que noter le sourire satisfait de son homme et lui sourit à son tour. Il a bien compris à quoi joue son amant et il lui en est reconnaissant, la manœuvre de diversion à parfaitement fonctionner. Le stress et l’appréhension se sont envolés. Jusqu’à ce qu’en quelques mots Clive réduise à néant la belle assurance qu’il venait tout juste d’acquérir.


Épilogue

« Tu t’en es par…faitement…bien sorti. »
Il sent le sourire de Justin se dessiner contre son ventre, là où quelques secondes plutôt sa langue dessinait de curieuses mais délicieuses arabesques. Son mec semble décidé à lui dire merci à sa façon, pour quoi, il n’en a aucune idée, mais il n’a pas l’intention de l’interrompre. Après tout, il a du donner de sa personne les nuits précédentes afin de faire oublier à son amant l’affaire Pride, il mérite bien que Justin s’occupe un peu de lui.
Il serre les draps entre ses doigts à s’en blanchir les phalanges et renverse sa tête dans un râle extatique. Il ne pensait pas qu’un nombril puisse être aussi sensible. Du moins il ne le pensait pas avant d’avoir rencontré Justin parce que maintenant, tout ce à quoi il peut penser, ou plutôt tout ce qu’il peut ressentir, ce sont ces sensations incroyables que son amant provoque en lui.
L’impatience et le désir finissent par avoir raison de lui. Clive force Justin à remonter vers lui et tout en mêlant sa langue à la sienne, il inverse leur position et finit par se retrouver sur son amant. Un rapide mouvement plus tard, il se retrouve entre les jambes écartées de Justin, sa main sur son sexe, ses lèvres au creux de son cou.

Justin se mord la lèvre et renverse sa tête en arrière en sentant son amant s’introduire en lui, d’un puissant et profond coup de rein. La chambre est bientôt envahie par leurs gémissements, les bruits de leurs corps qui s’entrechoquent et les deux hommes se perdent dans un tourbillon de luxure et de passion. Justin resserre ses jambes autour de la taille de Clive, cherchant à approfondir le contact, cherchant à obtenir toujours plus de plaisir. Et Clive se fait une joie de répondre à sa demande, s’enfonçant toujours plus et toujours plus loin dans le corps de son amant, se repaissant des grognements qu’il laisse échapper. Et lorsqu’ils ne tiennent plus, lorsque le plaisir se fait trop intense pour être encore retenue, ils s’abandonnent ensemble. Les muscles se tendent, les respirations se coupent et clive finit par se laisser retomber sur Justin, vidé et à bout de souffle. Justin n’en mène pas large non plus entre ses bras. Il se dégage légèrement du poids de son homme avant de venir se blottir contre lui, une jambe en travers des siennes, sa main posée sur son ventre qu’il caresse paresseusement.
Ils finissent par s’endormir l’un contre l’autre, apaisé, laissant derrière eux le souvenir désagréable de prédateurs aux dents longues et savourant les retombées d’un orgasme explosif et d’un procès admirablement remporté.



FIN